À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, nous célébrons les voix puissantes des participantes, formatrices et membres de l’équipe de l’École des dirigeantes et dirigeants des Premières Nations (EDPN). Par leur engagement, elles façonnent et font rayonner le leadership féminin, tout en portant en elles les luttes, la résilience et l’héritage de celles qui les ont précédées. 

 À travers les 7 cohortes de notre programme Leadership féminin, nous avons formé plus de 180 femmes, issues de 9 Nations, qui partagent toutes les mêmes ambitions : se rassembler, s’élever ensemble et prendre en main leur avenir, individuellement et collectivement. En lien avec la thématique 2025 des Nations Unies pour le 8 mars, « Pour TOUTES les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation », l’EDPN vous présente les perspectives de 5 femmes de tête et de cœur.  

Nadia Robertson et Brigitte Skeene (respectivement 1re et 4e en partant de la gauche), lors de la cérémonie de remise de certificats en novembre 2024, avec la cohorte 5 du programme Leadership féminin.

Leadership intergénérationnel féminin : honorer le passé

Brigitte Skeene, Innue de Mashteuiatsh et responsable pédagogique du programme Leadership féminin de l’EDPN, exprime avec humilité que chaque étape franchie par les femmes autochtones de génération en génération est une victoire pour l’avenir : « Les femmes leaders avant nous ont tenu tête, brisé des barrières et créé des possibilités dans des contextes bien plus difficiles que les nôtres. Je ressens une immense gratitude et une responsabilité : honorer leur combat en m’assurant qu’elles n’ont pas lutté pour rien. »

Tiohenta Lahache-McComber, Kanien’kehà:ka de Kahnawake et conseillère en recrutement à l’EDPN, se sent également privilégiée de faire partie d’un tel héritage, soulignant avec justesse que « nos femmes ont toujours été des leaders, elles le sont aujourd’hui et le resteront demain ».

Audrey Ringuette (debout, complètement à droite), avec sa cohorte du programme Entrepreneuriat de l’EDPN.

Poussée par la même inspiration, Audrey Ringuette, Innue et participante du programme Entrepreneuriat de l’EDPN, affirme : « Les leaders d’hier forment les leaders de demain! Le leadership intergénérationnel féminin représente pour moi la transmission et le legs des savoirs, la diversité des perspectives et la solidarité entre femmes. C’est une richesse inestimable! » 

La formatrice Carling Sioui, fille d’un père wendat et d’une mère arménienne, partage elle aussi une vision du leadership féminin basée sur la solidarité : « Chaque génération a une mission pour la suivante, qui implique souvent une quête de libération et d’une vie meilleure. N’est-ce pas l’objectif de toutes? Dans mes 2 cultures, les femmes sont considérées comme des leaders de la communauté. Elles gèrent de nombreux aspects et assurent l’équilibre. Personne n’est parfait, mais c’est grâce à notre unité que nous pouvons construire des espaces sécurisants dans lesquels tout le monde peut s’épanouir. Notre diversité est un reflet des potentialités illimitées que nous apportons à la société. »

D’une manière plus personnelle, Nadia Robertson, Micmac de Gespeg et co-instigatrice du programme Leadership féminin de l’EDPN, rend hommage « à toutes les femmes fortes de ma vie : mes grands-mères, ma mère et ma nièce. Elles sont mes racines, des modèles de force et d’inspiration qui n’ont jamais abandonné même devant les plus grandes épreuves. Ce sont elles qui ont forgé la femme que je suis aujourd’hui et toutes celles qui viendront demain. C’est pour elles, et pour toutes les générations futures, que nous continuerons d’appuyer les femmes dans leur volonté de briller ».

L'Aînée Sedalia Fazio et Tiohenta Lahache-McComber, dans le cadre du 3e anniversaire de l'EDPN, le 14 novembre 2024.

L'Aînée Sedalia Fazio et Tiohenta Lahache-McComber, dans le cadre du 3e anniversaire de l'EDPN, le 14 novembre 2024.

Une boussole pour l'avenir

Pour les 5 femmes, s'élever ensemble est assurément la clé. Comme l'illustre Brigitte Skeene : « Les femmes autochtones apportent au leadership une approche unique, ancrée dans l'écoute, la collaboration et une vision à long terme. Plus que jamais, il faut un leadership qui rassemble, qui donne du sens et qui construit des solutions durables. Lorsque je pense à la prochaine génération de leaders féminines, je suis remplie d'espoir. Elles sont audacieuses, assumées et conscientes de leur impact. » Tiohenta Lahache-McComber renchérit : « Les femmes autochtones continueront de s'appuyer sur le savoir et les expériences transmises par celles qui ont ouvert la voie, celles qui façonnent le présent et celles qui porteront l'avenir. »

Empreinte d'espoir, Carling Sioui conclut : « Nous vivons dans un monde axé sur la hiérarchie et la compétition, ce qui nous pousse à croire que nous devons être en avance sur les autres pour réussir. Le succès repose sur le bien-être collectif, car nous ne sommes rien sans les autres. Je souhaite que la prochaine génération de femmes leaders nous aide toutes à retrouver un mode de vie plus équilibré. »

 

Ode aux générations

Le poème « Ode aux générations » de Carling Sioui, représenté par les mains de 3 générations de femmes (sa mère, sa grand-mère et elle-même), qui se retrouve dans l'exposition Encore et toujours là! Des voix autochtones à Montréal, au Centre des mémoires montréalaises, jusqu'au 26 mars 2025.

P'tite fille perdue,
D'où viens-tu?
Qui est ta famille?
Où sont-ils allés?

P'tite fille perdue,
Pourquoi es-tu triste?
Tu as une belle vie.
Ça ne peut pas être si pire.

P'tite fille perdue,
Quelle est ta culture?
À cela elle répond :
« Je ne suis vraiment pas sûre… »

Cette p'tite fille perdue,
Elle en a assez.
Elle trouvera les réponses,
Elle sait que ça va être tough

Cette p'tite fille perdue
Sait qu'il y en a d'autres
Et elle veut qu'ils sachent
Que leurs histoires comptent.

Le poème « Ode aux générations » de Carling Sioui, représenté par les mains de 3 générations de femmes (sa mère, sa grand-mère et elle-même), qui se retrouve dans l'exposition Encore et toujours là! Des voix autochtones à Montréal, au Centre des mémoires montréalaises, jusqu'au 26 mars 2025